Présentation

  • : le blog karineetjocelyn
  • karineetjocelyn
  • : Santé
  • : Bienvenue sur mon blog... J'y raconte notre parcours si difficile pour avoir un bébé tant désiré... On peut parler de combat car s'en est un. Je passe le bonjour à toutes les filles formidables que j'ai rencontré sur famili.fr et FIV France Bonne lecture
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Texte Libre

En mars 2002, je rencontre mon futur mari, notre histoire devient vite une évidence, tout est naturel, en novembre 2003, on achète un appartement, tout semble nous sourire, nous sommes heureux. 

Pour aller encore plus loin dans notre bonheur, en janvier 2004, on décide que cette année, je serai enceinte, on prévoit le début des essais bébé pour avril 2004. Chouette, on est supers heureux ! On décide en même temps de se marier, on fixe la date au 6 mai 2006, quel bonheur, on se dit que çà sera super de se marier avec un enfant témoin de notre union… 

Les mois passent et rien, en juillet 2004, je commence les courbes de température pour essayer de repérer mon ovulation si elle existe. Je me pose beaucoup de questions, je me doute déjà qu’il y a quelque chose d’anormal, je le sens, je le sais. En octobre 2004, après 6 mois d’essai, toujours rien, je ne m’affole pas pour autant, je me dis que c’est peut être normal. Même si je n’ai jamais pu prendre la pilule à cause de ma maladie (voir mon histoire racontée sur ce site : http://www.anomalievasculaire.org/karine.htm), çà n’est donc pas çà qui retarde le processus mais il faut parfois du temps pour tomber enceinte, je sais que les pourcentages sont autour de 20% de chance par cycle. J’ai toujours eu des cycles plus ou moins irréguliers entre 26 à 35 jours, je n’ai jamais pris çà pour quelque chose d’anormal. 

En décembre 2004, je commence à souffrir des annonces de grossesse des autres… Il y en a beaucoup, dans mes amies, dans la famille, il ne se passe pas un mois sans avoir une annonce ou une naissance. Je me souviens bien de la première annonce qui m’a fait penser « Et nous ? Cà sera quand notre tour ? » c’était en cette fin d’année 2004…  

Début 2005, après un Noël 2004 très très difficile moralement, je me confie à une amie médecin, pas facile de parler de ce problème… Elle me parle d’un service au CHU de Nantes où elle a effectué un stage de 6 mois et d’un professeur excellent dans ce domaine. Je prends RDV quelques semaines après, RDV fixé au 31 mai 2005. 

Nous décidons en parallèle avec mon futur mari de faire une pause dans nos essais bébés car le mariage approche, nous ferons  une pause de 6 mois de juillet à décembre 2005. Pause extrêmement difficile à vivre pour moi comme pour lui, mais avec le recul, çà nous a fait du bien, nous étions plus dans l’attente chaque fin de mois… 

Le RDV du 31 mai approche. Nous arrivons au RDV, j’ai apporté mes 9 courbes de température (que j’ai réalisé assidument de juillet 2004 à février 2005…). Mon médecin traitant, en préparation de ce RDV, nous avait prescrit une prise de sang pour chacun de nous et un spermogramme pour mon futur mari. Pour mon mari, le spermogramme est normal ainsi que la prise de sang. Pour moi, les courbes de température montre un trouble de l’ovulation (dysovulation) j’ovule rarement et quand j’ovule, ce n’est pas de bonne qualité donc pas fécondable. Au fond de moi, je savais qu’il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas chez moi, je ne saurais pas dire comment je le sais, c’est comme çà. Je suis à la fois rassurée de voir qu’il y a un souci réel et inquiète : comment aurons-nous cet enfant ? Le professeur me programme une hystérosalpingographie que je fais en juillet 2005, il nous dit à la fin de cet entretien « un minuscule coup de pouce suffira à vous aider », nous partons confiants et avec le moral. 

L’hystérosalpingographie que je passe en juillet 2005 est normale, çà n’a pas été trop douloureux, un peu lorsque le radiologue a installé la canule mais ensuite, je n’ai quasiment pas senti le liquide, j’étais contente de voir que la radio était normale et qu’il n’y a aucunes anomalies. 

2ème RDV avec le professeur en novembre 2005, je suis fatiguée, le moral est bas, j’ai hâte de pouvoir recommencer les essais en janvier 2006, il programme pour ce premier cycle de traitement un test post-coïtal afin de vérifier la qualité de ma glaire et la survie des spermatozoïdes dans celle ci. Et nous sommes ravis, le professeur nous annonce que dès janvier 2006, je commencerais une stimulation simple de l’ovulation sous Purégon. Ouf, un traitement, on se dit qu’il fonctionnera surement… 

Les annonces de grossesse et de naissances continuent d’affluer, çà me touche beaucoup, çà me blesse. Je suis à la fois heureuse de voir que mes amies, que mes belles-sœurs et cousines ne vivent pas ce que je vis mais en même temps, je les sens s’éloigner, la vie ne devient plus la même pour ces familles… 

Il nous faut également faire face à des réflexions parfois pas très agréables genre «c’est dans ta tête, arrête d’y penser et çà fonctionnera» ou «vous savez comment vous y prendre» ou «est-ce que c’est être enceinte ou avoir un bébé que tu veux ?» et tellement d’autres choses que je ne peux pas tout citer… La société confond stérilité et infertilité… Peu de gens savent ce qu’est l’infertilité, quand on dit qu’on arrive pas à avoir un enfant, beaucoup nous dise «c’est toi ou lui qui est stérile ?». Mais on n’est pas stérile, mon mari l’est pas, moi non plus, je suis infertile, ce n’est pas la même chose… Tout çà est si culpabilisant, on se dit que c’est notre faute. J’en ai parlé à mon médecin qui m’a bien expliqué que la méconnaissance des gens était dangereuse, que c’était malsain, qu’il fallait passer au dessus car toutes femmes qui arrête sa pilule pense à avoir un enfant, on ne peut pas dire que tout est lié au psychologique, sinon, y aurait plus d’humanité depuis longtemps… Surtout quand le problème est identifié… 

Janvier 2006, je commence mon premier cycle sous Purégon 50 unités, je suis ravie. Pas de soucis pour me faire les piqures, j’y suis habituée depuis des années de part ma maladie. Je commence les piqures au 3ème jour de mon cycle et au 7ème jour, j’ai un contrôle écho et une prise de sang à faire au CHU. Le RDV est fixé à 8h, j’arrive à 7h50, 10 personnes sont devant moi… J’apprends qu’il faut prendre un ticket que l’on passe par ordre d’arrivée… Je perds ma matinée à attendre… Je dois revenir 2 jours plus tard, je fabrique des ovules, mais pas assez gros encore. Je reviens 2 jours plus tard, cette fois-ci très en avance, je passe la 3ème. C’est bon, mes ovules sont beaux, je peux déclencher l’ovulation par Ovitrelle le soir même, chouette ! Le RDV est fixé le surlendemain pour le test post-coïtal, on nous dit d’avoir un rapport la veille à 23h30, de ne pas se laver ensuite et de venir à 10H le lendemain pour le prélèvement. Pas très romantique tout çà… 

Le test post-coïtal se passe bien, çà prend 2 minutes et çà n’est pas douloureux du tout. Les résultats sont bons, même très bons, le score est de 10/12. Encore une étape de franchie, le traitement va surement fonctionner… 

Fin janvier 2006, mes règles arrivent, çà n’était pas pour cette fois-ci… L’aventure continue, je commence un autre cycle de traitement en mars avec la même dose. Cà ne fonctionne pas non plus. De plus, je fais une belle thrombose à mon bras malade, elle mettra un mois à partir, je suis sous anti-coagulants pendant un mois pour traiter cette thrombose. 

Le mariage arrive, on décide de ne pas faire de traitement en mai pour profiter de notre mariage. La fête est belle, très réussie, les gens sont contents et nous aussi, c’est le bonheur ! 

En novembre 2006, le professeur me donne une prise de sang à faire pour contrôler l’hormone anti-mullérienne, cette hormone est un marqueur de l’état du stock ovarien chez la femme. Les résultats arrivent et je suis contente, je suis dans la norme, même en haut de la norme, je demande au professeur si c’est bien de bons résultats et il me répond «Le taux est rassurant, à la partie haute de la normale ce qui confirme une petite dystrophie ovarienne (poly kystique à minima). Ceci est cohérent avec votre suivi». Ha… Donc en plus de la dysovulation, voila que j’apprends que je suis OPK… Bon, çà n’a pas l’air de le déranger plus que çà, je lui fais confiance. 

Je vais faire en tout 6 cycles de stimulations simples sous Purégon, 3 avec 50 unités en dosage (janvier, mars et juin 2006), 3 avec 75 unités en dosage (septembre, décembre 2006 et février 2007), ils seront tous négatifs... Avec des thromboses en mars, septembre 2006 et mars 2007, en tout 3 thromboses sur 6 cycles de traitement… Sur le cycle de septembre, je suis sous anti-coagulants pendant 15 jours, je commence le traitement anti-coagulant le même jour que le Pugéron pour couvrir la période à risque. L’induction hormonale gène beaucoup ma malformation veineuse. Mon cas pose problème au médecin vasculaire qui m’informe, tout comme ma rhumatologue, que je prends un risque en voulant une grossesse. Mais il me soutient quand même, il me soutient depuis 2004. Je sais que si je suis enceinte, je serai une grossesse à risque, mais qu’importe, je suis prête à rester allongée 9 mois, à être hospitalisée, je connais les risques, je les ai toujours connu et toujours accepté. Devenir maman est une évidence pour moi. Je commence cependant à envisager le fait que çà ne sera peut-être jamais le cas, qu’il faudra continuer à vivre sans enfant. Mais nous n’en sommes pas là, un autre chapitre s’ouvre à nous. 

Le 31 janvier 2007, nous avons de nouveau RDV avec le professeur. Ils nous explique que çà ne sert à rien de continuer les cycles de stimulation simple et que pour accélérer les choses et gêner le moins possible mon bras, si on le souhaite, on passe aux FIV. Sans se regarder avec mon mari, on lui dit OK directement, on s’attendait plutôt aux IAC (Insémination assistée avec conjoint), mais on est ravis de passer aux FIV (Fécondation In Vitro). Le professeur nous explique le fonctionnement de la FIV, les papiers à remplir, les examens à faire, enfin refaire, il faut une sérologie et un spermogramme de moins de 3 mois… 

Le 23 février 2007, nous recevons tous les papiers, on est heureux, on rempli tout, on fait les photocopies, on prend les RDV pour les prises de sang, pour le spermogramme et pour l’anesthésiste pour moi. Nos sérologies sont faites. Le 2 mars, j’assiste à la réunion d’information sur la FIV, je n’apprends pas grand-chose, je m’étais beaucoup renseignée déjà sur les forums. 

Le 11 mars 2007, une forte douleur au bras me fait consulter l’angiologue de garde, je fais une thrombose, sans doute due au dernier traitement sous Purégon, j’étais pourtant sous anti-coagulants mais selon le médecin vasculaire, j’ai arrêté trop tôt les piqures… Je suis donc jusqu’au 25 mars sous anti-coagulants en traitement curatif. Je lui fais part de mon passage en FIV sur le cycle d’avril, il décide de me mettre à partir du 26 mars et pour 2 mois sous anti-coagulants préventif pour bien couvrir la période FIV. J’ai des contrôles prises de sang plaquettes à faire 2 fois par semaine. Cà me stresse un peu, j’ai qu’un bras sur lequel on peut piquer, qu’une belle veine, je me demande bien dans quel état va être mon bras, surtout que la FIV approche et que j’aurais des prises de sang en plus à faire… 

Le 13 mars 2007, nous recevons les résultats du spermogramme de mon mari qui est normal mais il y a une petite bactérie, 10 jours de traitement anti-biotique pour lui et faut refaire le spermogramme ensuite… Il est programmé pour le 27 mars. 

Entre temps, le 20 mars 2007, j’ai mon RDV d’anesthésiste, 30 minutes de RDV pour lui expliquer ma situation avec mon bras, la décision est prise de me garder la nuit qui suivra la ponction pour surveiller que je n’ai pas de saignements, me voila rassurée. Le même jour, j’ai un RDV avec les sages femme pour m’expliquer le déroulement du protocole. Comme je suis en attente de mes règles (qui devaient arriver le 14 mars), elle me propose de faire la FIV sur ce cycle ci. Je refuse car mon mari n’a pas encore refait son spermogramme, nous avons prévenu à nos boulots que nous serions un peu absent plutôt début mai. 

Après discussion avec mon mari le soir du 20 mars, nous décidons de faire la FIV dès que mes règles arrivent, j’écris donc au professeur pour savoir si c’est toujours possible, il me dit oui, nous sommes heureux, impatients mais aussi anxieux ! 

Mes règles arrivent le 27 mars, 12 jours de retard, le professeur m’a fait faire un test BHCG qui s’est révélé négatif, beaucoup de stress pendant cette attente des règles, c’est toujours quand il faut qu’elles ne viennent pas et quand on en veut pas qu’elles sont là…. 

C’est donc parti pour l’aventure FIV, je commence le traitement Gonal F 150 unités le 28 mars 2007, j’ai une première prise de sang à faire le vendredi 30 mars, je vais en profiter pour faire la prise de sang demandée par l’anesthésiste histoire de ménager mon bras gauche qui subit tout seul toutes les prises de sang, il demande les plaquettes, çà tombe bien… Je vais sans doute avoir ma première écho de contrôle le lundi 2 avril. 

Je prends aussi contact avec une infirmière, car après quelques jours de Gonal F 150 je devrais faire une piqure de Cétrotide également quotidienne qui servira  à ne pas me faire ovuler avant la ponction. Je dois faire un mélange d’un liquide et d’une poudre. Pour être sure de mon geste, j’irais voir une infirmière pour faire la première… 

Aujourd’hui 28 mars 2007, je créé mon blog, je vais y raconter cette aventure FIV… 

Pendant ces 3 années, j’ai perdu petit à petit de ma joie de vivre, de mon insouciance. J’étais la petite rigolote qui faisait rigoler tout le monde, je me suis petit à petit renfermée sur moi-même, en me concentrant sur mes combats pour ne pas m’écrouler et avoir la force de continuer d’avancer. Je ne pensais pas qu’on pouvait tant perdre en se lançant dans les essais bébé… Mais si c’était à refaire, je referais exactement pareil, seulement pour ne jamais avoir à me dire «et si on avait su on aurait continué».  

La méconnaissance de l’infertilité par la société est également une barrière, on se heurte régulièrement à des idées reçues, à des maladresses non voulues par les gens mais qui sont si blessantes, les gens se rendent pas compte, un petit mot, une réflexion, une question, et çà nous blesse. Du coup, beaucoup ne savent plus comment nous annoncer une grossesse ou une naissance, cela devient difficile pour tout le monde…

Un nouveau chapitre s’ouvre, rempli d’espoir, d’attente, nous espérons une fin heureuse…

Samedi 24 janvier 2009
Bonjour,
Voila bien longtemps que je ne suis pas venue actualiser ce blog.
Dernièrement, j'ai créé un groupe sur facebook (voir le lien : http://www.facebook.com/home.php?ref=home#/group.php?gid=97054450060).
facebook étant très à la mode en ce moment, et utilisé par 10 millions de personnes à travers le monde.
J'ai appelé ce groupe "pour que l'infertilité et la stérilité ne soient plus des tabous", les personnes qui arrivent petit à petit dans ce groupe sont ravies de cette initiative.
Je ne sais pas si cela fera beaucoup avancer les choses, mais j'espère un peu quand même...
Certains disent que je reste trop dans ce parcours PMA, donc que çà ne m'est pas bénéfique.
D'autres au contraitre, m'encourage dans ce que je fais.
Car, bien souvent, lorsque l'on est passé par la PMA pour avoir un enfant, on reste marqué par ces années de traitements et tout ce que cela implique au niveau social, physique, psychologique.
Je me sens très bien avec çà, les RDV avec la psy m'ont beaucoup aidé.
J'aimerais aider les couples qui souffrent encore de tout çà à bien le vivre et pouvoir en parler si ils le souhaitent.
En effet, je suis contactée par message privé sur facebook, par des couples qui aimeraient bien faire partie de mon groupe mais qui ne peuvent pas car leurs familles et amis sur facebook ne connaissent pas leur soucis.
Ces couples qui ont décidés de ne pas en parler pour diverses raisons et en souffrent parfois.
Pour ma part et celle de mon mari, si un jour on décide de retenter l'aventure, il n'y aura que nous 2 au courant, car dans notre cas, cela ne nous a pas toujours servi d'en parler.
Alors j'invite ceux et celles qui le souhaitent à rejoindre mon groupe sur facebook et à le faire connaitre à un maximum de gens.
Ceci dans le but de faire évoluer les mentalités...
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 20 octobre 2008
Ce RDV c'est bien déroulé, pour l'instant, pas besoin d'y retourner.
Elle était impressionnée de mon parcours en un mois et demi, au niveau professionnel,  elle pensait qu'il m'aurait fallu encore du temps pour sauter le pas de la formation, quand je lui ai dit que j'avais rendu mon premier devoir et que j'attaquais le second, elle était épatée !
Elle m'a trouvé mieux, j'ai pu parler de la PMA sans trop d'émotions, je me sens pas encore tirée d'affaire mais je me sens mieux, plus sereine avec tout çà.
Le chemin est encore long pour moi, les cicatrices sont là et seront toujours là, il me faut juste apprendre à les rendre moins douloureuse pour pouvoir vivre sereinement comme avant
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 8 septembre 2008
Je continue d'avancer dans ce parcours.
Aujourd'hui, j'avais RDV avec la psy pour parler de la reprise de mon travail.
Je me sens très mal au travail, cela me fait faire un bon d'un an et demi en arrière, lorsque j'ai été lachement "virée" de mon ancien poste d'une manière très limite (voir dans les premiers articles de ce blog).
D'un côté j'avais hate de reprendre, d'un autre, je voulais pas.
Je voulais pas revenir dans ce contexte, alors faut que je trouve une solution pour faire autre chose. Mais difficile avec une invalidité à 30%, j'ai que des réponses négatives... Je vais voir pour faire une formation avec mes heures cumulées (heures DIF de droit à la formation), peut être dans le secrétariat médical, çà m'attire depuis plusieurs années.
Sinon, on a encore un peu évoqué la PMA, elle voulait savoir un peu où j'en étais, si c'était moins dur pour moi.
Cà commence à l'être, mais je me sens différente des autres, j'arrive plus à être en phase, je le suis encore avec certains, ce qui me fait dire que j'ai pas si changé que çà, mais je ne le suis plus avec d'autres, et çà me chagrine tant...
Voir que plus rien n'est pareil, que je me sens jugée, pas comprise, alors que je ne suis que victime, victime de mon histoire, de mon parcours, de ce que j'ai perdu.
Certains vont me dire "arrêtes avec çà", et bien ceux là, je ne leur souhaite pas çà, on verra bien si eux peuvent vivre avec çà. Et je ne souhaite pas çà même à mon pire ennemi...
Je crois que je lasse les autres, qu'ils s'ennuient de moi, que je les "gonfle". On se méprends c'est clair, car c'est pas mon but, mais si c'est comme çà que je suis perçue...
Tout ce que je voudrais, et j'espère ne pas être très prétentieuse et égoïste, c'est qu'on respecte et qu'on reconnaisse mon parcours et la douleur que cela me procure encore. Même avec Elias qui est mon rayon de bonheur. C'est çà que les gens ne comprennent pas, même avec le bébé enfin là, la douleur reste, elle n'est pas partie le jour où j'ai su que j'étais enceinte, où le jour où  j'ai accouché.
La psy me confirme que c'est normal, que çà restera en moi, car çà fait partie de mon histoire et de celle d'Elias...
Il faut que j'accepte çà, que j'apprenne à vivre avec et çà sera moins douloureux.
J'espère alors retrouver le sourire, retrouver les complicités perdues "comme avant"...
Je la revoie le 20 octobre.
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Lundi 1 septembre 2008
Aujourd'hui, je reprennais le travail après un an et 15 jours passés chez moi avec cette grossesse difficile, cet accouchement difficile et ce retour à la maison pas simple non plus mais tout dans le bonheur.
Et ce jour, c'est aussi le jour où il y a un an, on me faisait la ponction, puis ensuite l'ICSI qui a donné le 22 mai dernier mon petit Elias (pas si petit : 6340g et 61cm à 3 mois !).
Je remercie tous les jours la médecine de m'avoir permis d'être maman.
Bien sur, tout cela reste encore très difficile, 3 années et demi de PMA ne s'oublient pas comme çà, malgré les "maintenant que ton bébé est là, tu devrais être heureuse", ho que oui je le suis mais personne n'arrive à comprendre qu'il me faut encore du temps pour que tout çà soit moins difficile.
Je reconnais bien sur ma chance d'être maman.
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 10 juillet 2008
Ce soir, j'ai fait ma dernière piqure de Lovénox, j'avais fait la première le 19/08/2007.
Quel soulagement, j'ai versé ma petite larme dans la salle de bain en la faisant, car depuis quelques jours, je me sentais comme agressée de devoir faire ces piqures, çà devenait très lourd.
Reste une prise de sang samedi et çà sera fini, ouf, vraiment, çà me libère d'un grand poids
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Lundi 7 juillet 2008
Cet après midi, j'avais mon RDV de psy.
Cà s'est très bien passé, je suis bien sur la voie de la guérison de cette dépression. Malgré la grande fatigue encore là, je m'en sors doucement.
La psy m'a confirmé que tout ce que j'ai ressenti était normal après un tel parcours. Elle m'a dit aussi que j'étais très combattive car je m'en sortais très bien, toutes n'ont pas cette chance...
Le fait que je pleure bcp est aussi un point positif, cela me permet de bien sortir mes émotions. On a discuté pendant une heure, c'était très intéressant, je me suis sentie comprise et soutenue, même si je le suis par mes parents, mon mari et quelques amis aussi. Se sentenir soutenue par le corps médical n'est pas forcément toujours évident.
Je dois la revoir le 8 septembre après ma reprise du travail (qui se fait le 1/9 théoriquement).
Pendant ce temps, il va falloir que j'emmène Elias un peu à la garderie pour que lui comme nous soyons prêts le jour du retour au boulot.
Ce petit bonhomme pousse bien, il fait déjà presque 5 kg et avait pris 4 cm à son RDV du premier mois, c'est un amour qui boit 4 bibs par jour, reste à faire les nuits complètes et çà sera parfait !
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 15 juin 2008
Après 3 semaines difficiles, je me pense sortie d'affaire, enfin de la phase critique je dirais, ma maman m'aide bcp en venant garder mon petit bonhomme les après midi comme elle est en vacances, et comme çà, je peux dormir. Le sommeil en plus, y a que çà de vrai !
Je garde tout de même le RDV avec la psy du CHU le 7 juillet prochain, je pense qu'il y a bcp de choses que je dois évacuer.
Je suis nostalgique ces derniers jours, nostalgique du temps d'avant les traitements, tout me paraissait tellement plus simple.
Vous allez me dire que j'en reviens toujours au même mais la plus grande déception pour moi est d'avoir perdu des amis et des vrais, que c'est triste, que c'est dommage tout ce gachi.
Même à force de discussion, rien n'a changé, on se comprend plus, pourquoi ? On était pourtant tous si proches.
Quoi faire ? Je ne sais plus, à part continuer d'aimer comme avant malgré tout.
Peut être suis je aussi fautive, on est tellement dans une bulle douloureuse avec tout çà, c'est si compliqué et dur à vivre que nous aussi ont doit être maladroits.
Allez, avec le temps, je me ferais bien une raison non et j'arrêterai de repenser, de regretter ce temps d'avant ? Je l'espère en tout cas car çà fait mal.
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Lundi 9 juin 2008
Je pensais y échapper, je n'y avais même pas pensé, çà me paraissait impossible que cela m'arrive à moi.
Et pourtant...
Déjà à la maternité, j'ai bcp pleuré, j'étais si fatiguée après ces 4 nuits blanches que j'ai mis çà sur le dos de la fatigue. Arrivée à la maison, j'ai eu bcp de mal (j'en ai toujours bcp d'ailleurs...) à me lever la nuit pour donner le biberon à Elias, pourtant, il faut bien. Mon mari m'aide bcp mais aujourd'hui, il a repris le travail.
Je me sens pourtant mieux, mon médecin (que j'ai vu aujourd'hui) me trouve sur la voie de la guérison malgré le fait que je sois très affaibli avec 9 kg en moins (sur 6 seulement pris pendant la grossesse).
Il m'a expliqué que cette dépression était un peu logique dans mon cas, avec le parcours PMA, ces 4 années d'attente pour avoir ce bébé, la grossesse sous surveillance avec pas mal de risques et une MAP. Cette grossesse a été sous tension continuelle, sans que je m'en rende compte vraiment. L'accouchement a été très éprouvant, et j'ai du mal à faire passer cette difficulté que j'ai eu pour mettre au monde Elias. Bien évidemment que je n'ai aucune envie d'être plainte, çà n'a jamais été le cas de toute façon, ceux qui me connaissent vraiment le savent bien.
Effectivement, j'ai le sentiment de me prendre tout cela en pleine figure, ces 4 années d'attente, les mois de traitements, les échecs, les déceptions.
Physiquement, tout çà a été très dur, moralement aussi.
J'ai perdu bcp dans cette bataille, aussi en relationnel avec les autres, peu de gens ont réellement compris ce que tout cela représentait. Ho çà n'est pas de leur faute, c'est que tout cela est encore tellement tabou qu'il est bien difficile pour les autres de soutenir et de comprendre.
En tout cas, je regrette tant ces amitiés perdues ou froissées, ces relations qui s'effilochent sans comprendre pourquoi.
Je garde de tout cela un gout amer malgré l'immense bonheur d'être enfin maman.
Je vais me soigner, me remettre doucement  pour pouvoir vivre sereinement avec tout çà, accepter les déceptions, vivre avec et les ranger dans un coin de mon esprit.
Aux amis(es) qui passent encore sur ce blog, je voudrais leur dire que je les aime d'une amitié sincère, que si des choses ont changés, cela m'attriste profondément. Mais pouvons nous vraiment revenir en arrière ?
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Lundi 26 mai 2008
... et pas toute seule... Commencons par le début.
J'avais mon RDV SIG le 20 mai à 9h30. A l'examen, tout allait bien, monito parfait, tension un peu haute 13/9, col ouvert à un demi doigt... Donc très peu. La SF décide de me faire un décollement et me dit que je pourrais sans doute rentrer le soir et qu'il faudrait revenir le lendemain... On me pèse 65 kg ! Donc je ne faisais pas d'oedème...
La gynéco me reçoit ensuite et surprise, on me garde pour un déclenchement dans l'AM... J'ai déjà le ventre tout dur, çà contracte et j'ai mal au dos... Donc on retourne chercher les affaires, mon mari arrive et me voila installée dans un chambre en suivi de grossesse à haut risque, chambre double, une femme est installée aussi. J'ai le droit à un repas, léger, le déclenchement est prévu à 13h30.
13h30 : On me pose le monitoring, bébé va bien. A 15h, la sage femme vient me poser le cathétère et faire la prise de sang pré op. Ensuite, elle me pose le fameux gel pour faire maturer mon col.
S'en suis 2h de monito, contractions de plus en plus douloureuses et régulières, apparemment, cela fonctionne. Je sens bien bébé appuyer sur mon col, mon ventre est tendu et toujours très mal au dos.
Prochain controle à 21h pour voir si on me pose la perfusion pour déclencher le travail.
Pour patienter, je me balade dans les couloirs avec mon mari, çà aide à passer les contractions qui sont quasiment toutes à 100% maintenant.
A 19h, on m'apporte un peu à manger, chic mais je finis pas, alors que j'avais si faim.
A 19h30, contractions toutes les minutes et demi et de plus en plus intenses, dans les reins, le pire... Je sens de plus en plus bébé appuyer sur le col.
21h30 : Encore un monito, bcp de contractions, je suis épuisée et m'endors quasiment en permanence mais impossible de dormir vue les contractions... La SF revient me voir pour me demander si çà va, je lui dit que oui, je supporte malgré tout. Elle me dit "vos contractions sont entre 80 et 100 %, çà avance donc bien"... Elle doit revenir à 22h pour examiner mon col.
23h : la SF revient, mon col est ouvert qu'à un seul petit centimètre... Pas encore de quoi monter en salle d'accouchement... Nouveau monito et examen du col dans 30 minutes. Si çà n'a pas bougé, mon mari pourra rentrer et moi tenter de dormir...
Minuit : rien n'a bougé... Je vais tenter de dormir mais je n'y parviendrais pas, les contractions se calment au cours de la nuit, je crois que je vais encore avoir droit au gel...
21/05/2008 6h : Ne tenant plus dans mon lit (trop de bruit, douleurs, gros rhume), me voila en salle de repos à bouquiner, j'étais venue aussi vers 3h, c'est un peu glauque comme ambiance... Le moral n'est pas au RDV, je me dit que çà va être long et que je suis très fatiguée, j'ai peur de ne pas assurer lors de la poussée.. J'attends Joss qui doit revenir à 8h
7h : Monito et controle du col, çà n'a pas vraiment bougé... Au bout d'une heure, les contractions deviennent très fortes et régulières. Il est 10h, j'attends l'avis du médecin, çà fait mal... En espérant que tout çà agise sur mon col... On me fait une perf de morphine pour 2h, çà m'a apaisé un peu...
16h : Pas de changement, on va me poser un autre gel pour faire accélerer les choses. Si rien dans 24h, césarienne... J'ai pu manger un peu et prendre une douche. La matinée fut rude nerveusement, j'ai bcp pleuré.
19h : Les contractions sont insupportables. Nouveau monito et examen du col, il est à 2 cm tout juste, pas de quoi monter en salle d'accouchement encore, faut patienter...
20h : Je ne tiens plus, je demande un couteau pour me faire moi même la césarienne, faut que çà cesse, c'est horrible ces contractions dans les reins depuis plus de 30h. On va donc me passer en salle de travail. Je vomis, trois fois en 20 minutes.
20h45 : Pose de la péri, un jeu d'enfant finalement, sauf que toute l'équipe a du me laisser en plan pdt la piqure car le bébé naissant à côté venait de faire un arrêt du coeur... Le bébé réanimé, revoila l'équipe. Cela agit tout de suite, c'est le bonheur malgré quelques ptites douleurs. L'élève SF me perce la poche des eaux.
22h : Mon col est à 3 cm, çà avance doucement, on sait que çà peut être encore long, on nous parle d'un cm par heure.
23h30 : Mon col est à 7 cm ! Jolie évolution !
22/05/2008 00h30 : Dilatation complète ! Les SF n'en reviennent pas ! Après avoir passé 36h à 2cm, voila qu'en 2h30 tout s'accélère ! On me dit que dans 30 minutes, on commencera la poussée.
00h50 : Je sonne, je sens bébé pousser.
01h00 : On m'installe pour la poussée. A chaque contraction, inspiration, blocage et on pousse ! 3 fois par contractions, mon mari était mon coach, un vrai amour, il a poussé avec moi ! Avec mon rhume, c'était très compliqué mais apparemment, je poussais "comme une chef" me disait l'élève sage femme. Je vais sentir mon bébé passer, sentir sa tête progresser, sentir sa petite tête sortir et entendre un petit gémissement. L'élève sage femme me dit "tender les bras pour attraper votre bébé" et voila que je sors moi même mon bébé de mon corps ! Un moment magique, indescriptible, merveilleux. Nous n'avons pas pleuré, on était si épaté de voir ce bébé pleurer, gigoter, de voir qu'il était tout potelé, c'est incroyable...
Cà y est, notre petit garçon, notre fils, Elias est là et en pleine forme, il est 1h21 du matin en ce 22 mai 2008.

Ce blog restera ouvert. Nous voulons faire partager notre expérience au couple dans notre situation, leur montrer que toutes années de galère, tous ces traitements avalés et piqués ne sont pas vain, faut toujours garder une lueur d'espoir.
En espérant que ce blog restera utile a beaucoup de couples

Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Jeudi 15 mai 2008
J'ai fait un joli faux travail !
J'en fais depuis environ 10 jours mais là, c'était réaliste ! Déjà dans l'AM, je me sentais pas super bien, mal à la tête, j'avais remarqué que mes chevilles commençait à enfler...
A minuit, j'appelle la mater pour leur donner leur avis, après vérification de ma tempérture, la sage femme me dit de me coucher et de voir comme se passe la nuit. Je me couche et m'endors direct.
Première contraction douloureuse qui me réveille à 1h30, ensuite, contractions toutes les 10 minutes et douloureuses jusqu'à 3h... Puis çà passe toutes les 5 minutes jusqu'à 3h30 donc on décide d'aller à la mater, je prends une douche et on charge les valises dans la voiture. Dans la voiture, contractions toutes les 2 minutes...
Arrivée à la mater, on me pose le monito, bébé va très bien, contractions certes mais qui n'influe TOUJOURS pas sur mon col ! Ce col qui est toujours très très postérieur et FERME ! C'est fou çà qd même !
Sinon bonne tension à 12/8, hauteur utérine à 33 cm (c'est passé de 30 à 33 en 10 jours, bébé profite bien !).
J'ai parlé de mon engourdissement du bras gauche, c'est normal apparement, les articulations souffrent en fin de grossesse, tout comme l'oedème aux pieds, normal tout çà.
Donc retour à la maison avec un joli "c'est pas pour tout de suite" de la sage femme !
Reste à patienter, bébé veut pas encore sortir !
Par Karine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Décompte PMA

42 mois d'essais bébé
30 prises de sang LH + Oestradiol
24 écho endo-vaginales
23 piqures de Purégon à 75ui
22 piqures de Purégon à 50ui
10 mois d'acide folique
13 ovocytes ponctionnés
9 piqures de Cétrotide
8 piqures d'Ovitrelle
8 piqures de Gonal 150ui
6 spermogrammes
5 piqures de Gonal 187,5ui
4 piqures de Gonal 225ui
4 thromboses
3 kg en plus
2 Anesthésies générales
1 Hystérosalpingographie
1 Caryotype
1 FIV classique
1 FIV par ICSI
1 Blastocyte transféré
1 Blastocyte congelé
1 Veine bras gauche détruite
Impossible à calculer : nombres piqures Lovénox et nombres prise de sang plaquettes...

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus